L’achat en ligne a été inventé en 1979 par un Britannique, Michael Aldrich, seize ans avant le lancement d’Amazon. Son idée tenait dans un téléviseur, une ligne de téléphone et un ordinateur.
Commander un livre depuis son canapé, payer en deux clics, suivre son colis jusqu’à sa porte… Ces gestes nous paraissent aujourd’hui banals.
Pourtant, tout a commencé bien avant Internet, avec un téléviseur branché sur une ligne de téléphone.
Alors qui était Michael Aldrich, le père du e-commerce ?
Qui était Michael Aldrich ?
Michael Aldrich (1941-2014) est un entrepreneur britannique de l’informatique. Il a passé sa carrière à vendre et à concevoir des systèmes informatiques, jusqu’à inventer l’achat à distance en 1979.

Michael Aldrich en 2010 (photo de PippaJane, via Wikimedia Commons)
Né le 22 août 1941 à Welwyn Garden City, au nord de Londres, il fait ses études secondaires au Clapham College.
En 1959, il décroche une bourse pour étudier l’histoire à l’université de Hull. Détail qui surprend souvent, l’inventeur du commerce en ligne n’était pas ingénieur, mais historien.
C’est là qu’il rencontre Sandy Kay Hutchings, étudiante à l’école d’art de Hull. Ils se fiancent en 1960 et se marient en 1962, peu avant la fin de ses études. Le couple aura quatre enfants et huit petits-enfants.
Chez WiziShop, on lui doit une fière chandelle. Sans lui, notre solution e-commerce ne serait peut-être pas là aujourd’hui. En lançant notre outil de création de boutique en ligne à Nice en 2008, nous prolongions simplement une idée qu’il avait eue près de trente ans plus tôt, permettre à chacun de vendre et d’acheter à distance.
Michael Aldrich et l’invention du e-commerce en 1979
En 1979, Michael Aldrich relie un téléviseur modifié à un ordinateur de traitement des transactions, par une simple ligne de téléphone. Pour la première fois, on peut consulter une offre et passer commande à distance, en temps réel.
Alors qu’il travaillait au conseil d’administration de Redifon, l’homme d’affaires a connecté une télévision modifiée à l’aide d’une ligne téléphonique à un ordinateur. Cette méthode permettait d’effectuer des transactions connectées entre des particuliers et des entreprises ou entre deux entreprises, deux types de e-commerce toujours au cœur de la vente en ligne.

Le fonctionnement de l’achat en ligne imaginé par Michael Aldrich en 1979
Cet ancêtre du shopping en ligne est ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de « commerce électronique ».
Le même système permettait aussi d’envoyer des messages et de consulter des informations, bien avant les sites de vente et les solutions de paiement en ligne.
Un an plus tard, en 1980, il présente le Teleputer.
Teleputer : appareil inventé par Michael Aldrich en 1980, qui réunit un téléviseur couleur de 14 pouces, un microprocesseur Zilog Z80, un modem et un numéroteur automatique. C’est l’un des ancêtres de nos ordinateurs connectés.

Michael Aldrich au temps de ses premiers systèmes d’achat à distance (photo de l’Aldrich Archive, université de Brighton)
À partir de 1980, il a commercialisé son nouveau système et vendu principalement des systèmes inter-entreprises. En mars 1980, il lance l’« Office Revolution » de Redifon, qui relie clients, fournisseurs et distributeurs aux ordinateurs de l’entreprise. Le premier système d’achat en ligne entre entreprises connu, ancêtre de l’e-commerce B2B, est installé chez le voyagiste Thomson Holidays en 1981. Peugeot-Talbot, Ford ou General Motors suivent.
L’achat en ligne des particuliers arrive, lui, dès 1984, avec une cliente bien particulière.
Jane Snowball, 72 ans, première cliente en ligne connue
En mai 1984, à Gateshead, dans le nord-est de l’Angleterre, Jane Snowball, 72 ans, commande de la margarine, des corn-flakes et des œufs chez Tesco sans quitter son fauteuil.
La grand-mère vient de se casser la hanche. Elle est choisie pour tester un service imaginé pour les retraités qui se déplacent difficilement, avec la technologie de Michael Aldrich. Tesco, la boulangerie Greggs et la pharmacie Lloyds participent à l’expérience, raconte la BBC.
Sa télécommande compte une touche « téléphone » en plus, qui affiche la liste des commerçants à l’écran. Elle choisit un magasin, puis ses produits, parmi un millier de références rien que chez Tesco. La commande part par la ligne téléphonique, le magasin prépare les courses et les livre à sa porte. Jane Snowball paie en espèces à la livraison, car la carte bancaire n’est pas encore entrée dans les habitudes.
« Ce que nous avons fait, en réalité, c’est prendre le téléviseur d’un foyer et le transformer en terminal d’ordinateur », expliquait Michael Aldrich à la BBC en 2013.

Jane Snowball fait ses courses depuis son salon, à Gateshead, en 1984 (photo parue dans la revue Information Management, via l’Aldrich Archive)
Il a suffi d’un quart d’heure pour lui apprendre à s’en servir. « On était en 1984 et on faisait déjà ses courses en ligne depuis chez soi. C’était incroyable. Elle adorait ça », se souvenait Michael Aldrich.
Bon, il y avait quand même un petit bémol… La sortie au magasin lui manquait, car c’était aussi l’occasion de retrouver ses amies.
La ville de Gateshead lui a rendu hommage en 2009. Il faudra pourtant attendre Internet et les ordinateurs personnels, dans les années 1990, pour que l’achat en ligne devienne un réflexe grand public.
Aujourd’hui, faire ses courses depuis son canapé est devenu banal. C’est exactement ce que font chaque jour les clients des boutiques créées avec WiziShop, smartphone en main.



